"Épée brillant au soleil au moment où elle est dégainée de son fourreau, symbolisant la révélation de sa véritable valeur."

L’égoïsme, un autre mot qui m’a induit en erreur

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« Ô mon serviteur ! Tu es comme une épée finement trempée, dissimulée dans l’obscurité de son fourreau et dont l’artisan ne connaît pas la valeur. Sors donc du fourreau de l’égoïsme et du désir, afin que ta valeur puisse resplendir et être évidente pour le monde entier. »

Je la connais tellement bien que je peux la réciter par cœur. Mais longtemps, je l’ai comprise comme une injonction à cesser de m’occuper de moi pour ne penser qu’aux autres, comme si l’idéal était un oubli total de soi.

Comme si l’égo était un espace étroit dont il fallait sortir, à l’image du verbe educere, qui signifie « faire sortir ». Pour moi, cette vision appartient au passé, comme l’idée d’un œuf dans lequel on serait au chaud, mais qu’il faudrait briser pour grandir. Pourtant, progresser dans la vie, ce n’est pas s’extraire une fois pour toutes de soi-mêtu me : c’est faire des allers-retours entre le monde et notre intériorité. Apporter ce que l’on a créé, recevoir des réactions, en donner à notre tour, puis revenir pour ajuster la recette. C’est d’ailleurs le même mouvement qui se joue entre la parole et la pensée lors d’une discussion.

Un jour, on m’a aussi expliqué que l’égo est comme une maison : il protège. C’est un refuge quand le monde extérieur devient trop rude. En réalité, personne ne peut survivre en étant entièrement exposé. S’il résiste, c’est qu’il se protège, au moins en partie, comme une huître solidement accrochée à son rocher.

Aujourd’hui, après un long travail sur moi, j’ai trouvé l’un des équilibres les plus justes de ma vie. La route est encore longue, mais je sais où aller. Je pense désormais qu’il faut cesser de se soucier du regard des autres et apprendre à se connaître pour être en paix avec soi-même… et ainsi être mieux avec les autres. Cependant, je reste en accord avec l’idée que nous avons tous en nous des qualités précieuses qui ne demandent qu’à être révélées, comme la lame d’une épée enfin sortie de son fourreau.

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